Entrevue avec Marie-Claude Lapointe : en route vers les Jeux Olympiques

28 Jan 2026

Nous avons eu la chance de discuter avec Marie-Claude Lapointe, kinésiologue chez Actiforme. Depuis quelques mois déjà, elle est préparatrice physique pour l’équipe olympique féminine de hockey de l’Italie, en prévision des Jeux Olympiques de Milan-Cortina de février prochain.

Quel est ton rôle exactement avec l’équipe ?

Je suis préparatrice physique pour l’équipe, en collaboration avec Turo, le préparateur physique de l’Italie. Ensemble, on travaille pour structurer la charge d’entraînement et nous assurer que les athlètes italiennes progressent au bon rythme.

Je planifie notamment la charge d’entraînement avec l’entraîneur, je crée des programmes adaptés à chacune et je m’occupe de monitorer leur état de fatigue. Le but, c’est d’éviter les blessures de surentraînement tout en les amenant au niveau le plus élevé possible pour les JO de février prochain.

Comment as-tu obtenu ce mandat ?

C’est grâce à Stéphanie Poirier, une ancienne employée d’Actiforme et une vraie spécialiste du hockey féminin au Québec, probablement une des meilleures. Elle-même a été associée à l’équipe italienne pendant plus de deux ans et quand l’équipe a eu besoin d’un soutien supplémentaire en préparation physique, elle a tout de suite pensé à moi. Ça m’a vraiment fait plaisir !

Combien de temps as-tu passé en Italie ?

J’ai eu la chance d’aller en Italie pendant 18 jours. Ensuite, de novembre à janvier, je les encadre ici, à Montréal. Elles sont centralisées dans un environnement où elles peuvent affronter des joueuses de très haut calibre. Ça leur donne des conditions optimales pour progresser.

C’est Stéphanie qui a organisé ce voyage. Le but était de leur offrir des opportunités de jouer contre des joueuses de calibre supérieur à Montréal. On voulait aussi les éloigner de la pression des Jeux Olympiques.

Je veux également souligner le travail du coach Éric Bouchard. Il fait un travail extraordinaire avec l’équipe pour les aider à développer leur capacité de travail. Leur progression en tant qu’équipe depuis la centralisation à Montréal est exceptionnelle. Elles ont notamment battu deux des meilleurs équipes universitaires du Canada par la marque de 7-0 et 10-0.

Magnifique paysage d'Italie.

Qu’est-ce qui t’a le plus surprise dans cette collaboration ?

C’est vraiment leur capacité d’adaptation et leur engagement. Elles évoluent dans un pays où le hockey féminin n’est vraiment pas populaire, mais elles donnent tout ce qu’elles ont. C’est impressionnant à voir.

La culture italienne est assez différente également : c’est définitivement plus simple. Par exemple, arriver en retard n’est pas vu comme un manque de respect. Mais ça n’a rien à voir avec leur niveau d’engagement. Elles sont très motivées, juste dans une ambiance plus relax, moins sous pression.

As-tu dû adapter tes méthodes de travail ?

Oui, complètement. Leur niveau d’entraînement de base est plus bas qu’au Canada, ce qui est normal puisqu’ici le hockey est notre sport national. On doit donc les amener rapidement à un niveau compétitif sans dépasser leur capacité d’adaptation. C’est un équilibre constant et pas facile à atteindre.

Séance d'entraînement matinale.

Qu’as-tu le plus aimé jusqu’à maintenant ?

Le lien que j’ai développé avec l’équipe médicale et les entraîneurs. Ce sont des gens qui sont vraiment là pour les bonnes raisons. On forme une belle équipe et on partage d’excellents moments ensemble. Les Italiens et Italiennes sont d’une hospitalité incroyable. Je me suis sentie la bienvenue dès les premières minutes.

Parlant de bons moments, ça me rappelle une fois où j’étais à Formia, au centre du pays. J’étais à l’Institut national du sport et il y avait des photos du comité olympique italien un peu partout… plein de photos d’athlètes connus… plein de citations inspirantes. Dans une des salles, j’ai vu une affiche très colorée et je pensais que c’était une belle citation italienne… mais quand j’ai demandé aux autres ce que ça voulait dire, ils m’ont répondu que l’affiche disait simplement « N’oubliez pas de fermer la lumière » ! Disons qu’on s’est moqué un peu beaucoup de moi… haha !

Quels sont les défis d’une préparation olympique?

Les amener au bout de leur limite sans les dépasser. Il faut aussi les rassurer quand l’angoisse ou le doute embarque. Il faut savoir les motiver à continuer même quand c’est difficile. Et oui, il faut aussi savoir gérer les égos ! C’est une job humaine autant que physique.

Ressens-tu la pression des Jeux Olympiques, surtout qu’ils ont lieu en Italie ?

Pour ma part, pas vraiment pour l’instant. Je me vois surtout comme une accompagnatrice, autant pour les athlètes que pour les coachs.

Mais je suis très excitée, ça c’est sûr ! Je suis sur la liste de l’équipe, je ne suis pas encore certaine d’être sur place lors des Jeux en février, ça dépend des accréditations. Mais sincèrement, rendu là, mon travail sera terminé en grande partie. Si j’y vais, il me fera plaisir de m’occuper des activations et des cool downs, en plus de supporter les coachs et l’équipe médicale.

La vue sur les montagnes est à couper le souffle !